Festival du Schmoul 2020, à Bain-de-Bretagne (35) [Live report]

Les 24 et 25 Janvier 2020 avait lieu la 19ème édition du Festival du Schmoul. Deuxième fois pour ma part et aucune déception à chaque fois. La programmation est toujours équilibrée et riche en découvertes. L’organisation est parfaite, la restauration est variée, les bars sont répartis sur l’ensemble du lieu, les prix sont raisonnables. Rien à redire, on se sent comme à la maison ! Passons maintenant au cœur du sujet : la musique !


PAMPLEMOUSSE

Premier concert du vendredi pour moi, mais programmé en 2ème, Pamplemousse est un trio réunionnais à la configuration classique (basse, guitare et batterie) pour un nom original. Ils sont le croisement du grunge, du post hardcore et du post punk, ambiance fin 80’s – 90’s. Leur musique est brute, dans le bon sens du terme : guitare saturée, fuzz à fond, voix grave, rendue profonde par la reverb.

Le groupe pousse l'idée du brut jusq'au bout et notamment avec une communication très simple sous forme de mails envoyés par un de leur pote ou encore nommer sobrement un de leurs albums « Debut ». Finalement, le message passe, tant pour la comm que pour la musique. Cette brutalité on la ressent et on l’accueille très bien. Ça fait parfois du bien de recevoir simplement une bonne musique sans artifices superflus. La recette de la simplicité, de l’authenticité et de la brutalité fonctionne très bien. Le groupe place la barre très haut en ce début de festival !

A écouter pour ceux qui aiment Black Sabbath, et surtout à voir en live pour prendre une leçon d’authenticité !

BANDIT BANDIT

L’histoire de la création du groupe est surréaliste, et étrangement romanesque (dans tous les sens du terme) et leur musique en est la suite logique. Prenez un scénario improbable, avec un couple à la Bonnie and Clyde, un conducteur Bla Bla Car, du rock psyché, des personnages agréablement perchés, mélangez tout ça et vous avez Bandit Bandit.

Leur son est gras et profond, notamment grâce à une guitare demi-caisse. La chanteuse, au timbre grave, chante majoritairement en français ; voilà trois points qui les distinguent de la majorité des groupes psyché, et contribuent fortement à leur donner une identité singulière. Leurs textes sont torturés, leur attitude à la limite de la transe et ils débordent de sensualité. Autant de points hypnotiques qui ont largement captivés le public du Schmoul.

Le groupe est produit par Cold Fame (boîte de prod des membres de Last Train), et je dois dire que je ne suis pas surprise car il y a quand même de flagrantes similitudes entre les deux groupes (même basse, guitare similaire pour des sons quasi identiques, approche similaire dans la recherche du son, mêmes temps de pause dans les riffs…). A voir de toute urgence si vous adhérez à The Kills et à Last Train donc !

Bandit Bandit - Maux

LYSISTRATA

Troisième artiste marquant de la soirée pour ma part : Lysistrata. J’ai déjà fait un article sur eux donc je résumerais en trois mots : talent, humilité et efficacité !

A voir, revoir et re revoir !

GUADAL TEJAZ

En ouverture de ce 2ème jour, Guadal Teajz, groupe rennais connu du public donc, mais qui a su captiver ceux qui les découvraient également. Leur musique varie entre le punk, le psyché et le noise, styles qu’ils ont exploités au fil de leurs EP et album. Dès le début du set, on sent un groupe à l’aise voire même pressé de nous démontrer son plaisir à jouer. Le chanteur a une voix très grave et grasse, tel un bon fumeur, et crache des textes torturés, ce qui apporte beaucoup au côté énervé et donne un bon contraste dans les passages plus psyché. L’alternance entre les moments énervés et les moments planants fait qu’on ne se lasse jamais. Un groupe à suivre !

Si vous avez appréciez Pamplemousse, vous accrocherez sûrement car leur musique en est un peu le prolongement contemporain et moins brutal…

IT IT ANITA

Je voyais par-ci par-là leur nom passer, je connaissais leur réputation scénique, mais je ne les avais jamais vu en live (honte à moi !). Ajoutez à cela qu’ils sont souvent programmés avec mes groupes préférés, j’avais très envie d’enfin me faire ma propre idée !

Groupe de noise belge, leur son est lourd et puissant, porté notamment par les deux guitares. Mais ce qui les démarque le plus c’est inévitablement qu’ils vont chercher le public en les intégrant totalement au concert. Et quand je parle du public, je ne parle pas seulement du premier rang prêt à pogoter dès la première chanson hein, mais aussi du spectateur un peu passif au fond de la salle. On sent chez eux cette volonté de rendre le public partie prenante du concert, presque comme s’il devenait le cinquième membre du groupe !  Si je devais l’expliquer, je dirais qu’on la ressent grâce à l’intonation puissante du chant, aux rythmes rapides qui nous embarquent dans la course, aux fins de chansons qui partent en vrille bien comme il faut. Et tout simplement parce que les mecs mettent leurs tripes, se lâchent et s’éclatent dans ce qu’ils font !

Intégrer tout le monde semble être leur philosophie, car figurez-vous que le nom de leur dernier album « Laurent » est aussi celui de leur ingé son, qui pose d’ailleurs pour la pochette de l’album. Tout en simplicité on vous dit !

Enfin preuve ultime qu’ils se sentent un peu appartenir au public, ou que le public se sent un peu appartenir au groupe à la fin du concert ? Ils finissent par jouer au milieu de la fosse, me rappelant indéniablement l’esprit d’un concert du groupe Pneu.

A voir si vous aimez Metz et Sonic Youth.

IT IT ANITA - Rushing

THE GAME SHOP

Le Festival du Schmoul a parié sur ce groupe japonais, certainement un des groupes les moins connus du public et jamais vu en live par les organisateurs. Verdict : pari réussi haut la main !

Leur musique est un mélange des genres dont nous n’avons pas l’habitude en France : électro, metal, hip-hop, K-Pop… Un petit air de Linkin Park tout de même, pour vous donner une référence. Un son plus proche de la culture asiatique que des styles européens, mais le public n’a pas été déstabilisé, au contraire ! Ou s’il l’a été, ce n’était que dans le bon sens !

Jeux de lumières, instrus ultra énergiques, chant impactant, présence scénique hyperactive, claps, circle pits… : le show ne nous laissait jamais une seconde de répit ! Pendant 1h, le groupe va tout donner, et le public aussi en sautant, pogotant, slamant… Personne (ou presque) ne leur a résisté, même les bénévoles se sont retrouvés en train de danser debout sur le bar !

Il est toujours difficile de faire l’unanimité mais là on s’en approchait grandement ! Ils ne passent pas souvent en France, mais si vous en avez l’occasion, FONCEZ !

MNNQNS

MNNQNS clôturait cette édition du Schmoul, mais pas facile de passer après la tornade japonaise et qui plus est à 1h du matin. Le public a tout donné et semble épuisé, pourtant quel dommage de passer à côté de ce groupe mi-punk, mi-surf rock à la Beach Boys. Le talentueux quatuor ira chercher avec panache les spectateurs les plus courageux. N’hésitez pas à lire mon live report de leur concert à Rezé.


Pour aller plus loin, les derniers opus de ces artistes :

  • Pamplemousse : High Strung
  • Bandit Bandit, EP : Bandit Bandit
  • Lysistrata : Breathe In/Out
  • Guadal Tejaz : Cóatlipoca
  • It It Anita : Laurent
  • The Game Shop, dernier titre : Throw Back
  • MNNQNS : Body Negative

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